Au sein de la grande famille des risques bancaires, le risque de catastrophe est habituellement considéré comme un risque opérationnel, susceptible d’affecter l’activité d’une banque en l’endommageant physiquement. Une institution financière peut également y être exposée de manière plus indirecte, par l’intermédiaire de ses nombreuses connexions avec le système économique, dont certains éléments sont particulièrement soumis aux événements extrêmes. Ce risque est souvent ignoré par les banques du fait de son affiliation traditionnelle au domaine de l'assurance.
Pourtant, l’existence d’un risque résiduel fait son chemin dans les esprits depuis quelques années, avec l’observation d’une fréquence importante d’événements catastrophiques d’origine naturelle que ce début d’année 2010 ne semble pas démentir, à en juger par les violents séismes qui ont dévastés Haïti et le Chili et, plus près de nous, la tempête Xynthia qui a frappé les côtes françaises. Si la relation causale avec le changement climatique est parfois contestée, l’augmentation de la densité des activités humaines et des dépendances entre elles suffit à justifier cette observation, laissant à penser que les pertes à venir pourraient continuer de croître.
Cet article présente une démarche d’analyse et de gestion de ce risque dans le cas extrême d’un portefeuille de créances dont les emprunteurs sont soumis à un aléa commun. Notre approche repose sur la compréhension structurelle du processus de propagation des effets de la catastrophe jusqu’à un tel portefeuille, une approche purement statistique nous paraissant peu appropriée au problème étant donné le peu de données existantes et la trop grande dépendance des résultats aux spécificités des actifs considérés.