L'Incremental Risk Charge (IRC) : nouvelle norme de principe?

 Par Ulf Clerwall, Responsable de Missions

Les établissements bancaires ont pris la crise 2007-2008 de plein fouet, victime de pertes abyssales, pour la plupart imputées aux portefeuilles de négociation (trading book). Sans revenir sur les fondamentaux de cette crise, on peut assurément souligner l’écartement violent des spreads de crédit, les dégradations de notation en chaîne, ainsi qu’une baisse significative de la liquidité des marchés. Cette dernière a eu un rôle déterminant sur l’ampleur des dégâts.

Dans l’ensemble, il s’agit de risques insuffisamment voire pas du tout captés dans les modèles VaR 99%/10 jours utilisés pour le calcul des fonds propres réglementaires en portefeuille de négociation.

Face à ce constat, le Comité de Bâle a souhaité renforcer son dispositif en proposant l’adoption d’une norme additionnelle au cadre existant, avec une charge dite "incrémentale", censée couvrir les risques de défaut et de migration des notations de crédit. Ainsi définie, l’Incremental Risk Charge (IRC) couvre les risques émetteurs (de l’émetteur d’un instrument de crédit, d’un sous-jacent à un dérivé, ou encore d’un support de titrisation), et non pas le risque de contrepartie sur opérations de marché déjà comptabilisé par ailleurs (voir l’annexe 4 des accords de Bâle).

L’IRC proposée par le Comité de Bâle a fait l’objet d’un appel à consultation début 2009, afin de sonder les acteurs majeurs de la Place et de collecter leurs avis. Une estimation de l’impact en fonds propres leur était également demandée (date butoir : mai 2009). La norme ne saurait en conséquence être considérée en l’état comme définitive.

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