La monté en charge des Smart Order Routing Systems (SORS)

Par Olivier Walter, Manager

La fragmentation de la liquidité sur les actions provoquées par l’entrée en lisse de Chi-X, Turquoise ou encore BATS Trading, pousse les prestataires de services d’investissement ayant un accès direct au marché (DMA) à utiliser des outils capables de sélectionner pour chaque ordre, le pôle de liquidité permettant d’obtenir la meilleure exécution (Smart Order Routing Systems, ou SORS). Ces SORS sont encore bien différents des produits de négociation algorithmique.

Bien qu’ils aient également pour objet l’amélioration de la qualité d’exécution, ils se focalisent en premier lieu sur le choix du pôle d’exécution sans réellement "travailler" les ordres. En effet, il s’agit de déterminer, à partir des spécificités de l’ordre, les critères statiques et dynamiques à prendre en compte, puis de comparer les pôles d’exécution en fonction des critères retenus.

Cependant, le rôle des SORS ne s’arrête plus forcément au choix d’un lieu d’exécution. Ils peuvent être paramétrés pour envoyer uniquement des ordres dits "agressifs" de type "fill or kill" qui seront exécutés ou éliminés. Ils peuvent également être autorisés à envoyer, lorsque la liquidité n’est pas suffisante, des ordres "passifs" restant placés dans le carnet du marché historique ou du MTF auquel a été attribué la meilleure notation par défaut.

Dans ce dernier cas, les SORS continuent de "scanner" les différents pôles de liquidité afin de transformer dès qu’une occasion d’exécution se présente, ces ordres "passifs" en ordres "agressifs" en les annulant pour les renvoyer là où l’opportunité a été détectée.

Lorsque les utilisateurs autorisent la division des ordres (split), les SORS peuvent répartir un même ordre sur plusieurs pôles afin d’améliorer le prix moyen d’exécution. De plus, l’utilisation de la validité de type "fill or kill" n’est alors pas obligatoire et la quantité restante d’un ordre "agressif" peut être placée en ordre "passif" sur un autre pôle de liquidité.

Enfin, les SORS sont en mesure de ré-aiguiller des ordres en cas de défaillance technique, dans le cadre du PCA.

On le voit, sans atteindre la complexité de certains algorithmes quantitatifs, les SORS montent en puissance. Cependant, la convergence entre outils de négociation algorithmique et SORS n’est pas encore complète et ces deux types d’outils sont généralement utilisés par les négociateurs sur des carnets d’ordres différents. Mais gageons que cela évoluera rapidement, les premiers ne pouvant ignorer la fragmentation et les seconds ne pouvant ignorer toute la valeur ajoutée des stratégies

Retrouvez cet article en intégralité dans notre

lettre électronique

 

Mentions légales