Les risques de liquidité en multigestion alternative

Par Florent Pivert, Responsable de missions

Fin 2008, l'industrie de la gestion alternative a été prise dans la tourmente financière. La crise de liquidité, qui touche désormais les gérants de fonds de "hedge funds", se manifeste par une décollecte massive de la part des investisseurs, souvent amplifiée par la baisse des marchés et la dégradation de la liquidité de certains fonds sous-jacents.

Cette crise impacte tous les acteurs de la gestion alternative indirecte. Ainsi, du côté de l’investisseur dans un fonds de fonds, le risque de liquidité se traduit soit par l’exécution partielle de l’ordre de rachat transmis, soit par le report de son ordre à une date ultérieure. De manière corollaire, si le gérant ne peut pas rembourser le porteur de parts, c’est que les sous-jacents qu’il gère sont devenus plus difficiles à vendre. A fortiori, les instruments financiers détenus par certains gérants de fonds alternatifs sont devenus beaucoup moins liquides qu’avant.

Ici, le risque de liquidité est multiple et l’un de ses principaux déterminants est la dégradation de la liquidité sur les fonds alternatifs dans lesquels le multi-gérant a choisi d’investir. Voici quelques cas d’école au cours desquels les gérants de fonds alternatifs ont réduit la liquidité des actifs gérés.

Lorsque le gestionnaire détecte dans le portefeuille du "hedge fund" des classes d’actifs qui resteront très peu liquides à long terme, il peut décider d’isoler les instruments "illiquides" dans une nouvelle part du fonds, appelée la "side pocket". Dans le cas d’une vague de rachats, le gérant a parfois la possibilité d’activer un mécanisme de réduction des ordres de rachat, en fonction d’un taux prédéfini appelé taux de la "gate". En dernière extrémité, le gestionnaire peut suspendre tous les ordres de rachat pendant une période déterminée.

Dans sa lutte contre les problèmes de liquidité, le multi-gérant dispose des mêmes outils que le gérant direct. Certains instruments, à l’instar de l’activation de la "gate" ou de la modification de la fréquence de la VL, se révèlent peu efficaces. Par contre, la création d’une "side pocket" ou l’application de décotes sous la forme de provisions, sont des outils beaucoup plus probants. Leur emploi permet alors de transférer une partie du risque de liquidité à tous les investisseurs.

En définitive, lorsque le multi-gérant veut utiliser les outils précédents, il est tributaire de la législation en vigueur dans le pays du fonds, qui lui impose bien souvent de respecter une procédure précise, plus ou moins lourde selon le régulateur, et dont la mise en oeuvre sera parfois source de risques opérationnels.

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