Enjeux de la lutte anti-fraude face à la crise

Par Jean-Baptiste Prévoteau, Manager Senior
et Sébastien Pasquet, Responsable de Missions


La conjonction de scandales financiers et la crise financière ont sensibilisé les établissements financiers aux enjeux de la lutte anti-fraude. Cette prise de conscience est désormais largement appuyée par les autorités de tutelle. Des solutions, principalement progicielles, permettent partiellement de contrôler les risques de fraude.
Néanmoins, les chantiers organisationnels n’ont pas toujours suivi le rythme des SI (souvent faute de moyens) et la fraude s’adapte aux failles des systèmes et surtout des processus.


Poussés par l’opinion publique, les Etats veulent accroître les dispositifs de contrôle mis en oeuvre par les établissements, pour maintenir un secteur financier chahuté par la crise. La fragilité des procédures de contrôle (internes pour Kerviel, externes pour Madoff) invite ainsi les régulateurs à plus de contrôle voire d’ingérence directe au sein des établissements.

Certains grands établissements ont investi ces dernières années dans l’implémentation de solutions progicielles spécialisées dans la lutte contre la fraude.

Ces outils constituent la base des mesures de dissuasion, prévenant l’accès illicite à des données, des fonctions et des informations. En matière d’offre, une dizaine de solutions sont proposées.

Malgré la mise en place de tels outils, les possibilités et cas de fraudes demeurent. L’environnement général s’est complexifié sans que les dispositifs informatiques n’évoluent de manière suffisante et adéquate pour assurer la fluidité du traitement des transactions. Ainsi, les établissements doivent également adapter leurs processus et organisations en complément des SI, notamment dans un contexte de crise, incitant plus facilement à la fraude.

Enfin, les derniers scandales laissent apparaître une déficience générale des organisations pointée par les régulateurs. Cet enjeu est crucial dans un contexte d’évolution permanente des fraudeurs, qui comptent bien tirer profit de la faiblesse des établissements et des économies. Désormais, la lutte contre la fraude passe par une réflexion fine sur les organisations et leurs failles plus que par les systèmes.

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