Par Jean-Paul Nicolaï, Directeur Général
La formidable industrialisation des BFI de ces dix dernières années ainsi que la mise en place d’une réglementation prudentielle ont laissé croire à la maturité de cette activité.
La taille des engagements et des revenus générés par les Front-Offices de ces établissements (servant d’assiette aux rémunérations des acteurs) ainsi que la technicité parfois requise dans cet univers ont amplifié depuis les années 80 la déconnexion des métiers au sein même des BFI.
L’activité de banque d’investissement n’a pourtant pas vocation à disparaître et sa valeur ajoutée au sein du système économique et financier reste essentielle. Pour cela toutefois, il convient de redéfinir l’activité elle-même et de proposer des orientations en matière d’organisation qui rendent possible et pérenne cette activité.
Les failles du modèle actuel peuvent être résumées de la façon suivante : l’industrialisation des BFI est partielle et s’est en partie fourvoyée.
Cette industrialisation n’a pas véritablement intégré une logique d’industriel, au sens de manufacturier, définissant clairement les "produits" à commercialiser et faisant la part des choses entre les consommations intermédiaires et les produits finis.
Cette insuffisante identification de ce que sont les produits et services commercialisés par les BFI est la principale source d’explosion de la taille des bilans. L’incapacité à maîtriser – et surtout l’absence d’incitation à maîtriser – les engagements liés à l’acte de vente conduisent naturellement à cette inflation.
À l’origine se trouvent deux éléments clés : d’une part, une optimisation non contrôlée issue de l’amalgame fait entre produits et instruments, et d’autre part, une mesure des risques court-termiste à laquelle s’ajoute une mauvaise couverture.
Mauvaise mesure du capital économique, mauvaise estimation du RAROC, mauvais mécanisme de décentralisation, mauvaise politique "d’incentives",… La mauvaise définition de l’activité d’élaboration et de commercialisation de produits financiers aura finalement coûté cher.
Plusieurs réformes du modèle des BFI sont nécessaires :
Même si des changements radicaux s’imposent, toutes ces réformes sont simples à initier et peuvent rapidement porter leurs fruits.
La taille des engagements et des revenus générés par les Front-Offices de ces établissements (servant d’assiette aux rémunérations des acteurs) ainsi que la technicité parfois requise dans cet univers ont amplifié depuis les années 80 la déconnexion des métiers au sein même des BFI.
L’activité de banque d’investissement n’a pourtant pas vocation à disparaître et sa valeur ajoutée au sein du système économique et financier reste essentielle. Pour cela toutefois, il convient de redéfinir l’activité elle-même et de proposer des orientations en matière d’organisation qui rendent possible et pérenne cette activité.
Les failles du modèle actuel peuvent être résumées de la façon suivante : l’industrialisation des BFI est partielle et s’est en partie fourvoyée.
Cette industrialisation n’a pas véritablement intégré une logique d’industriel, au sens de manufacturier, définissant clairement les "produits" à commercialiser et faisant la part des choses entre les consommations intermédiaires et les produits finis.
Cette insuffisante identification de ce que sont les produits et services commercialisés par les BFI est la principale source d’explosion de la taille des bilans. L’incapacité à maîtriser – et surtout l’absence d’incitation à maîtriser – les engagements liés à l’acte de vente conduisent naturellement à cette inflation.
À l’origine se trouvent deux éléments clés : d’une part, une optimisation non contrôlée issue de l’amalgame fait entre produits et instruments, et d’autre part, une mesure des risques court-termiste à laquelle s’ajoute une mauvaise couverture.
Mauvaise mesure du capital économique, mauvaise estimation du RAROC, mauvais mécanisme de décentralisation, mauvaise politique "d’incentives",… La mauvaise définition de l’activité d’élaboration et de commercialisation de produits financiers aura finalement coûté cher.
Plusieurs réformes du modèle des BFI sont nécessaires :
- Réorganiser et changer la culture des BFI en reconnaissant la valeur des produits qu’elles commercialisent mais en identifiant mieux leur process de production : il s’agit de mettre en place une réelle logique manufacturière.
- Définir une norme de risque intégrant l’ensemble des risques associés à ces produits et aux engagements induits, tout au long de leurs vies.
- Prendre en compte dans le coût du capital afférent à un produit celui lié aux "consommations intermédiaires", i.e. les produits utilisés en couverture.
- Revaloriser et responsabiliser les fonctions support, qui sont une clef du bon fonctionnement et de la maîtrise des risques.
- Développer et valoriser les fonctions de contrôle sans mélanger contrôle et pilotage.
- Élargir le concept de risque à celui de vulnérabilité et le décliner notamment dans la gestion des ressources humaines.
- Etendre cette question de la vulnérabilité jusqu’à la gouvernance même des BFI.
- Enfin, s’interroger sur le positionnement que ces établissements peuvent stratégiquement viser.
Même si des changements radicaux s’imposent, toutes ces réformes sont simples à initier et peuvent rapidement porter leurs fruits.