Par Lynda Clegg, Manager
et Jérémie Créange, Consultant Senior
11 septembre 2001…
Une première tour s’écroule, puis une seconde. L’ensemble de Manhattan est touché. Les réseaux téléphoniques, lorsqu’ils ne sont pas endommagés, sont totalement saturés. Les moyens de transport ne fonctionnent plus. Les établissements financiers déclenchent leurs PCA. Les personnes en charge de ces plans ne parviennent pas à recenser leurs équipes, injoignables. Des collaborateurs tentent de gagner les sites de repli. Certains de ces sites ont subi des dégâts, d’autres disposent de moyens insuffisants. Les sites mutualisés entre plusieurs établissements ou proposés par des prestataires ne sont pas dimensionnés pour couvrir l’ensemble des besoins et accueillir tous leurs clients simultanément. D’autres lieux, bien qu’opérationnels, restent difficiles d’accès pendant plusieurs jours, en raison des problèmes de transport.
Les moyens de télécommunication ayant subi d’importants dégâts, les marchés sont fermés pour plusieurs jours, sur certaines activités. Les systèmes de Règlement/Livraison sont très perturbés. Si les infrastructures de paiement résistent bien, de sérieux problèmes de liquidité sont enregistrés : des établissements, confrontés à des dysfonctionnements opérationnels ou des perturbations de leurs moyens de communication, sont dans l’impossibilité d’envoyer des fonds, tandis que leurs contreparties, elles, les attendent. D’autres encore sont dans l’incapacité d’évaluer leurs propres positions, pendant plusieurs jours. Des coffres sont détruits et, malgré le déclenchement des PCA, de nombreuses données sont perdues.
Du fait de l’imbrication du marché financier, les répercussions des attentats se font rapidement sentir bien au-delà de New York.
17 septembre 2001…
Cette journée enregistre un nombre record de transactions, mettant à rude épreuve la résistance des systèmes et des réseaux de télécommunication.
Quelques mois plus tard…
Les banques poursuivent la reconstitution laborieuse des transactions détruites.
Des sites de repli continuent d’opérer en tant que site principal, sans solution de back-up.
Ces quelques lignes sont un résumé de l’état des lieux réalisé, quelques mois après la catastrophe, par un groupe de travail constitué des principaux organes de tutelle du secteur financier américain.
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