Il y a encore quelques mois, la peur d’une grande dépression obligeait à un pilotage à vue. Aujourd’hui, nous retrouvons des modes de fonctionnement normaux. Les procédures budgétaires sont lancées et les études d’opportunité, pour les investissements stratégiques, relancées. Il y a toutefois des leçons à tirer notamment une meilleure prise en compte des risques dans le pilotage.
Ce trimestre, notre "focus" est consacré au pilotage budgétaire : comment enrichir l’outil budgétaire pour en faire un réel outil de pilotage ?
Nous montrons comment intégrer simplement les facteurs de risques de l’entreprise à la marge des systèmes et procédures budgétaires existants. Cette prise en compte permet une attribution de la performance : quels sont les effets de la conjoncture ? du prix des inputs ? de la météo (pour un grand nombre d’entreprises, la météo a un effet très significatif) ? et quelle est la performance "pure" de l’entreprise ? Une telle approche peut être retenue dans le pilotage des unités opérationnelles, et non, au seul niveau du groupe.
L’identification des facteurs de risques suggère également un pilotage enrichi de la liquidité de l’entreprise, via des mesures de type Cash at Risk. Les principes de calcul de la Value at Risk peuvent être très pertinents pour un trésorier dès que l’on raisonne en multi-horizons et avec des scénarios de stress.
La sortie de crise doit être l’opportunité d’enrichir les outils et les pratiques de pilotage. Le pilotage par les risques reste encore peu utilisé en entreprise. Qu’il s’agisse des établissements financiers ou non, ces pratiques tendent toutefois à se diffuser. Elles permettent de piloter aussi bien la structure, la nature et la taille de bilan que la dimension opérationnelle de l’activité.
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