En cette période de crise, les méthodes actuelles de VaR ont montré leur limite. Hormis la méthode historique, elles s’appuient souvent sur des hypothèses de distribution gaussiennes. Une estimation des risques par ces méthodes, qui supposent que le marché financier évolue comme un fluide lors d’un écoulement laminaire, n’est pas en adéquation avec la réalité, où les distributions sont à la fois asymétriques et leptokurtiques. Pour reprendre l’image des fluides, le marché suit un régime turbulent. Des phases de calme relatif peuvent être suivies de tourbillon. Il faut pouvoir estimer les distributions avec un modèle s’adaptant naturellement aux turbulences. Pour augmenter encore davantage la réactivité des modèles, il est possible de faire des mesures à haute fréquence et d’extrapoler les résultats obtenus pour des fréquences plus basses en utilisant les modèles multifractals, qui permettent par construction de faire le lien entre différentes échelles temporelles.
Ainsi, la VaR multifractale apparaît comme une alternative intéressante aux modèles consensuels, permettant une meilleure anticipation des événements les plus dangereux, grâce à la prise en compte de distributions asymétriques et leptokurtiques, à un caractère auto-adaptatif et à une très grande réactivité.