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Lettre n°39 juin 2009/
Lettre n°39 juin 2009

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Actualité

Interview de Tristan d'ORGEVAL


Responsable risques météorologiques METNEXT
OTC Conseil - On considère généralement que les entreprises françaises n’ont qu’une vision floue de l’impact du climat sur leur activité. Partagez-vous ce point de vue ?
Tristan d’Orgeval - En effet, même si les entreprises exposées ont conscience de leur météosensibilité, elles ne savent généralement pas la quantifier. Elles ignorent, par exemple, s’il existe des effets de seuil au-delà desquels les ventes commencent à baisser, ou si le comportement de leurs clients est le même ou non dans toutes les régions. Il n’est pas rare de constater, même au sein de grands groupes, que pour anticiper les ventes de la semaine à venir, on se contente du bulletin météo du dimanche soir, ou des historiques de ventes des 2 ou 3 dernières années.

OTC Conseil - Assiste-t-on à une évolution des comportements depuis les événements climatiques de ces dernières années très médiatisés ?
Tristan d’Orgeval - Récemment, la canicule de 2003 a créé un petit électrochoc dans la compréhension de ces enjeux, avec par exemple des ventes de chocolat qui régressaient de 60% alors que les ventes d’eau minérale ou de glaces progressaient de plus de 30% ; mais il s’agissait là d’un événement exceptionnel.

Depuis, c’est plutôt le renouvellement de situations plus ordinaires mais défavorables qui a accéléré la prise de conscience des professionnels. La succession de deux étés très maussades en 2007 et 2008 d’un côté, l’hiver 2007 très doux ou au contraire l’hiver 2008 rigoureux de l’autre, ont sensibilisé industriels de l’agro-alimentaire et professionnels de nombreux secteurs tels que le textile ou les cosmétiques sur leurs risques météo.

OTC Conseil - Votre statut de filiale de Météo-France et de NYSE-Euronext est un atout considérable. Quel type de données très spécifique avez-vous récemment utilisé dans vos études de météosensibilité?
Tristan d’Orgeval - Nous utilisons désormais très couramment des données produites aussi bien par des stations météorologiques que par des satellites ou encore par des modèles météorologiques. La couverture dont nous disposons est mondiale. Pour ne citer que deux exemples, nous avons récemment utilisé des données d’un modèle d’enneigement développé par Météo-France (le modèle CROCUS) pour créer un indice représentant le risque d’un distributeur d’équipements de sports d’hiver, et nous utilisons une combinaison de stations météorologiques et d’images satellites pour travailler à des indices de production photovoltaïque.

OTC Conseil - Comment peuvent être prises en compte les prévisions météo dans le pilotage et la gestion d’une activité? Un exemple?
Tristan d’Orgeval - La première étape consiste à transformer les prévisions météo en indicateurs opérationnels (prévisions de production, de consommation,…), directement utilisables au sein de l’entreprise. C’est pour réaliser cette transformation que nos experts en météosensibilité ont mis au point le logiciel METNEXT DECIDE commercialisé à nos clients. Les prévisions ainsi transformées peuvent être prises en compte à différents niveaux dans l’entreprise, que ce soit dans les départements marketing ou supply-chain dans la grande consommation, ou dans les départements optimisation et trading dans l’énergie.

Aérowatt utilise par exemple nos prévisions de production éolienne à 2 jours pour suivre le fonctionnement de leurs parcs et fournir des informations au gestionnaire de réseau. Dans la grande consommation, c’est pour anticiper les stocks nécessaires que nos prévisions à 3 semaines ou à 2 mois du facteur d’impact météorologique sont utilisées.

OTC Conseil - Votre expertise dans les données météo et la quantification de la météosensibilité est aussi utilisée pour aider à la gestion des risques associés.
Tristan d’Orgeval - Nous travaillons en effet à la création de nouveaux indices météo qui pourront servir de support à des produits dérivés de couverture climatique. Le premier marché ciblé est celui de l’énergie qui semble intéressé par nos recherches. La présence de NYSE-Euronext à nos côtés est un atout essentiel.

OTC Conseil
- Pouvez-vous nous en dire plus sur les nouvelles démarches de météo-marketing?

Tristan d’Orgeval - Lorsqu’on étudie les ventes de produits météosensibles, on se rend compte que météo et marketing sont fortement liés. Les opérations marketing vont avoir un impact différent en fonction de la météo. Aucun vendeur de maillot de bain ne lance de campagne de publicité en hiver !
Avec notre approche, nous aidons les distributeurs à aller plus loin et à optimiser leurs actions marketing en fonction de la météo, pour qu’elles soient déclenchées au bon moment et aient une influence maximale. De plus, la météo elle-même peut faire l’objet d’opérations marketing promotionnelles, en particulier dans le domaine du tourisme. Grâce à notre partenariat avec un grand courtier en assurance, nous avons pu mettre en place des assurances annexées aux contrats de location qui permettent d’offrir une remise aux clients d’un opérateur de tourisme quand les conditions météo sont trop défavorables. Ce type d’assurance dite indicielle va se développer fortement dans les prochaines années •
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