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Etape 1 : La séparation gérant / négociateur
Historiquement, il n’était pas rare qu’au sein d’une société de gestion, le gérant de portefeuilles ait deux "métiers". D’un côté, il avait pour mission première la gestion des portefeuilles : définir les allocations stratégique et tactique, analyser et suivre les titres, décider des investissements, veiller au respect des ratios, des limites et des objectifs de gestion,… De l’autre, il avait en charge l’activité de négociation : passer et suivre des ordres, gérer la relation avec les contreparties,... qui s’est toujours avérée très chronophage. Fort de ce constat, les sociétés de gestion ont souhaité se recentrer sur leur coeur de métier afin que les gérants puissent se consacrer pleinement à leur réelle source de valeur ajoutée ; la gestion, et se sont lancées dans un mouvement de rationalisation du traitement de leurs ordres.
Pour libérer les équipes de gérants de la charge de travail liée à la gestion des ordres, l’idée reprise par de nombreuses sociétés de gestion a été de dissocier les fonctions de gestion et de négociation, en attribuant la responsabilité de cette dernière à des équipes dédiées et centralisées avec la création des tables de négociation.
Ces dernières ont ainsi non seulement permis aux équipes de gestion de se concentrer sur leur coeur de métier, mais aussi, aux sociétés de gestion, d’amorcer un mouvement d’optimisation des coûts.
Elles ont pu réduire leurs charges fixes, en redimensionnant au sein des équipes de gérants leur parc de postes avec accès aux marchés ou encore celui des consoles téléphoniques sécurisées. Par ailleurs, la gestion des ordres par les tables de négociation a également permis de réduire sensiblement les frais de transaction. En centralisant les flux d’ordres des différents gérants d’une société de gestion, les négociateurs ont pu disposer de volumes plus conséquents pour s’adresser au marché et bénéficier ainsi de meilleures conditions auprès de leurs brokers en matière de frais de courtage. En amont, ces mêmes négociateurs sont devenus mieux armés pour négocier les contrats cadres avec les brokers et obtenir des conditions tarifaires intégrant dès le départ l’effet volume des ordres, et la récurrence des flux.
Ce mouvement d’amélioration des conditions obtenues auprès des contreparties a été également alimenté par la spécialisation des tables de négociation. Elles ont su capter des compétences expertes venues améliorer encore la réactivité dans la transmission des ordres, la gestion des exécutions, la relation avec les contreparties… tout cela concourant à un traitement des ordres plus efficace et à une meilleure qualité des exécutions pour les clients.
Etape 2 : L'industrialisation
Pour aller jusqu’au bout du modèle, plusieurs sociétés de gestion n’ont pas hésité à sortir leurs fonctions de négociation de leur
périmètre d’activités et à les filialiser dans des entités dédiées en créant des sociétés financières.
Ainsi et pour ne citer que les principales, Crédit Agricole Asset Management a regroupé ses activités de négociation dès 2005 au sein de Segespar Intermédiation. Toujours en 2005, AXA Investment Managers et BNP Paribas Investment Partners ont fait de même avec, respectivement, AXA Investment Managers IF et FIN’AMS. Ces créations marquent le démarrage d’une véritable industrialisation de la fonction de négociation avec comme objectif d’offrir aux clients (gérants OPCVM et Assurance), un service en constante amélioration et ce, à moindre coût.
En recevant les ordres de plusieurs gérants d’une ou plusieurs sociétés de gestion du même Groupe, les entités dédiées à la négociation ont permis de concentrer en un endroit unique les investissements nécessaires pour passer et suivre les ordres et pour s’adapter aux exigences de la directive MIF en matière d’exécution (mise en oeuvre d’une véritable politique de meilleure exécution incluant une sélection des pôles de liquidité, les déclarations des transactions,…). Cette concentration a été à l’origine de substantielles économies d’échelle.
Avec les conditions de marché difficiles de ces derniers mois, l’effet taille des structures de négociations centralisées a permis aux sociétés de gestion, et ce, plus particulièrement sur les marchés de gré à gré, d’accéder à un niveau de liquidité qu’elles auraient eu le plus grand mal à rencontrer si elles s’étaient adressées seules au marché.
Etape 3 : l'ouverture vers l'extérieur et la concurrence
Au regard du succès rencontré par ces structures dans leur Groupe respectif, la tendance est de proposer les services des tables de négociation, non plus à des entités internes au Groupe dont elles dépendent, mais à des acteurs externes.
Là encore, le recours à une table de négociation externalisée permet à ces derniers de se recentrer sur leur coeur de métier, d’accéder à une plus grande liquidité en ces périodes boursières tumultueuses et de bénéficier de conditions tarifaires avantageuses en passant par un négociateur qui joue sur des volumes importants.
FIN’AMS du Groupe BNP Paribas s’inscrit clairement dans cette dynamique. Après avoir regroupé les équipes de négociations des différentes sociétés de gestion du Groupe et proposé à ces dernières ses services pour la négociation des ordres passés par les équipes de gestion, FIN’AMS ouvre depuis peu sa clientèle à des sociétés de gestion externes au Groupe BNP Paribas.
En parallèle, un nouveau type d’acteurs se positionne également sur ce créneau : 2006 a vu ainsi la création de EXOE, la première entreprise française indépendante de négociation. Elle propose à ses clients (Mandarine Gestion, Raymond James Asset Management,…) un service d’externalisation de leur table de négociation.
Ce type de prestation peut s’avérer particulièrement intéressant pour des sociétés de gestion entrepreneuriales ou de taille moyenne, et plus encore pour les gérants qui veulent créer leur structure propre. Une table de négociation représente en effet un coût significatif (les estimations varient entre 0.7 et 2 millions) pour mobiliser les moyens techniques (informatiques, connexions au marché, téléphonie, système de back up,…) et les compétences nécessaires. En achetant cette prestation à l’extérieur, elles externalisent une partie des contraintes liées à l’adaptation des outils et pratiques aux exigences réglementaires (MIF, unbundling) et transforment en coût variable le budget conséquent nécessaire à une table de négociation.
Les prestations de négociation sont généralement facturées sur la base d’un coût forfaitaire par opération. Les notions de volume ou de valorisation des actifs n’entrent pas dans le calcul de la tarification, le bénéfice des évolutions de marché et de la qualité des exécutions réalisées revenant ainsi aux clients.
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