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Lettre n°38 avril 2009/
Lettre n°38 avril 2009

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OTC Conseil dans la presse

La monté en charge des Smart Order Routing Systems (SORS)


Olivier WALTER, Manager
Si la crise actuelle s’accompagne d’une érosion globale des volumes traités sur les marchés financiers et d’une chute des indices boursiers, ceci n’a pas mis un coup de frein au développement des plateformes alternatives de négociation. Que ce soit Chi-X lancé dès novembre 2006, Turquoise l’été dernier, BATS Trading Europe cet automne et dans une moindre mesure Tradegate et Nasdaq OMX, les principaux systèmes multilatéraux de négociation (MTF) lancés dans le sillage de la directive MIF réussissent leur pari de prendre une part substantielle du volume d’ordres traités sur les marchés historiques. Certes, les instruments cotés sur ces MTF appartiennent généralement aux grands indices européens, les valeurs à faible capitalisation et liquidité étant écartées, mais les statistiques sont sans équivoque.


Sur les valeurs de l’indice CAC 40 ou du FTSE 100, Chi-X s’accapare 11 à 15 % des volumes, Turquoise 7 à 8 % et BATS Trading 1 à 2 %. Ces percées s’expliquent sans doute par la baisse des prix et les innovations techniques offertes par ces nouveaux acteurs qui obligent les marchés historiques à réagir en ajustant leur tarifs, diversifiant leurs offres et améliorant leur rapidité d’exécution comme le fait Nyse-Euronext avec sa nouvelle plateforme UTP.
 Une fragmentation avérée de la liquidité
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La fragmentation est donc là et différents acteurs ne s’y sont pas trompés, en proposant des statistiques détaillées sur les parts de marché des principaux pôles d’exécution sur les grands indices européens (leurs chiffres ne tiennent pas compte des volumes traités de gré à gré qui sont difficilement quantifiables à cause des nombreuses déclarations en double et de la multiplication des systèmes de reporting comme Markit Boat).


D’un point de vue purement réglementaire, il n’y a bien entendu aucune obligation pour les intermédiaires d’offrir à leurs clients la possibilité d’exécuter leurs ordres sur plusieurs pôles de liquidité. La liste du ou des lieux d’exécution envisagés en vue d’obtenir le meilleur résultat possible doit simplement figurer dans leur politique d’exécution, communiquée à leurs clients non professionnels. Force est de constater que seul Nyse-Euronext figure dans cette liste de nombreux prestataires de services d’investissement français ayant essentiellement une clientèle de particuliers. Leur argument étant que la liquidité encore prépondérante sur Nyse-Euronext garantie la meilleure exécution. Une autre raison moins avouée est peut-être le coût de connexion du système de négociation aux différentes plateformes d’appariement, ainsi que l’hétérogénéité des acteurs sur la chaîne de valeur, facteur de risques supplémentaires.

Pas d'obligation réglementaire mais une concurrence accrue entre entreprises d'investissement
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Le point de vue est souvent différent pour les intermédiaires de clients institutionnels, les négociateurs pour compte propre ou encore les tables d’exécution des gestionnaires d’actifs ayant un accès direct au marché (DMA). Il s’agit pour eux de ne pas se contenter d’être simplement en conformité avec les obligations imposées par la directive MIF, mais plutôt de saisir les nouvelles opportunités issues du nouveau paysage des marchés financiers. Ainsi, pour les brokers, avoir un accès aux nouveaux MTF et donc la possibilité de faire profiter à leurs clients des opportunités de prix qui peuvent s’y présenter et des coûts d’exécution en général plus faibles que sur les marchés historiques, est clairement un argument concurrentiel et commercial.


La fragmentation de la liquidité pousse alors les acteurs à s’équiper d’outils capables de sélectionner pour chaque ordre le pôle de liquidité permettant d’obtenir la meilleure exécution. Ces nouveaux outils, généralement appelés SORS, sont encore bien différents des produits de négociation algorithmique. Ces derniers permettent d’automatiser le déclenchement de l’envoi d’ordres, ou leur modification, en fonction d’événements variés, d’appliquer des stratégies de négociation, des plus simples comme le suivi du VWAP ou la réalisation d’1/3 du volume traité, aux plus complexes faisant appel aux méthodes quantitatives.
Les SORS ont également pour objet l’amélioration de la qualité d’exécution, mais ils se focalisent en premier lieu sur le choix du pôle d’exécution sans réellement "travailler" les ordres.


Ces outils prennent toute leur dimension dans le cadre de l’exécution pour compte de tiers, permettant de mettre en application et d’enrichir la politique de meilleure exécution. Il s’agit en effet de déterminer à partir des spécificités de l’ordre (catégorie de client, type d’ordre, type d’instrument, instruction spécifique sur le lieu d’exécution) les critères à prendre en compte puis de comparer les pôles d’exécution en fonction des critères retenus. Parmi ces critères, il y a d’une part, les critères statiques que représentent certaines caractéristiques propres à chaque pôle de liquidité et à chaque filière de règlement/livraison et qui sont peu susceptibles de changer fréquemment (coût d’exécution, vitesse d’acquittement, coût et probabilité de règlement/livraison) ; et d’autre part, les critères dynamiques que sont les prix et la liquidité disponibles sur chacun des pôles sur lesquels la valeur de l’ordre est cotée.
Bien entendu, ces derniers critères peuvent s’avérer pour les négociateurs difficiles à suivre simultanément sur plusieurs lieux d’exécution, d’où l’intérêt de ces outils. Au-delà, c’est la combinaison de la détermination pour chaque ordre du ou des critères à prendre en compte, puis de la comparaison des différents lieux d’exécution et de règlement/livraison en fonction des critères retenus, qui s’avère impossible à gérer manuellement. La MIF a donc été une étape déterminante.

Des outils spécialisés pour prendre en compte la fragmentation
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Cependant, le rôle des SORS ne s’arrête plus forcément aux choix d’un lieu d’exécution car s’ils peuvent être paramétrés pour envoyer uniquement des ordres dits "agressifs" de type "fill or kill" qui seront exécutés ou éliminés, ils peuvent également être autorisés, lorsque la liquidité n’est pas suffisante, à envoyer des ordres "passifs" restant placés dans le carnet du marché historique ou du MTF auquel a été attribué la meilleure notation par défaut. Dans ce dernier cas, les SORS continuent de "scanner" les différents pôles de liquidité afin de transformer dès qu’une occasion d’exécution se présente, ces ordres "passifs" en ordres "agressifs" en les annulant pour les renvoyer là où l’opportunité a été détectée.


Lorsque les utilisateurs autorisent la division des ordres (split), les SORS peuvent répartir un même ordre sur plusieurs pôles afin d’améliorer le prix moyen d’exécution. De plus, l’utilisation de la validité de type "fill or kill" n’est alors pas obligatoire et la quantité restante d’un ordre "agressif" peut être placée en ordre "passif" sur un autre pôle de liquidité.


Enfin, les SORS sont en mesure de ré-aiguiller des ordres en cas de défaillance technique, dans le cadre du PCA.

Alimentés en flux temps réel et en données statistiques
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Les SORS doivent donc être alimentés par les flux de données en temps réel en provenance des différents pôles de liquidité à prendre en considération (critères dynamiques). Afin d’améliorer la qualité de leur décision, il est également possible de les alimenter avec des données statistiques pre et post exécution, ou du moins d’étudier différentes données pour ajouter et définir un critère de préférence par défaut, un rating des lieux d’exécution, pris en compte dans le processus de décision, notamment pour les ordres placés. C’est ce que propose par exemple Tag Audit avec ses benchmarks Average print size (taille moyenne des exécutions) ou percentage time at Europe-wide best-bid and offer (pourcentage du temps durant lequel un pôle de liquidité affiche une fourchette dans les prix de la fourchette moyenne de l’ensemble des pôles de liquidité européens).


Ainsi, la convergence entre outils de négociation algorithmique et SORS n’est pas encore complète, ces deux types d’outils étant généralement encore utilisés par les négociateurs sur des carnets d’ordres différents. Mais gageons que cela évoluera rapidement, les premiers ne pouvant ignorer la fragmentation et les seconds ne pouvant ignorer toute la valeur ajoutée des stratégies.


La crise actuelle renforce la pertinence de ces offres qui abaissent les coûts et augmentent la concurrence, au profit des investisseurs

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